Il n’y a pas d’espace disparu, ni de mensonge commercial. Il y a deux unités
qui portent presque le même nom et le même symbole affiché.
Deux comptes différents pour le même disque
Le fabricant compte en puissances de 10, comme tout le reste du monde
métrique : 1 To = 1 000 000 000 000 octets. Windows compte en puissances de 2,
parce que c’est ainsi que la mémoire s’adresse : sa case « Go » vaut en réalité
2³⁰ = 1 073 741 824 octets. Le même disque, divisé par deux nombres différents,
donne deux chiffres différents. 10¹² ÷ 2³⁰ = 931,32. D’où les 931 Go affichés
pour 1 To acheté.
L’écart grandit avec la taille
Le rapport est constant — 7,37 % à chaque étage — mais il se compose. Un Ko
« binaire » ne dépasse le Ko décimal que de 2,4 %, un Mio de 4,9 %, un Gio de
7,4 %, un Tio de 10 %. Sur un disque de 4 To, ce sont environ 365 Go d’écart
apparent. Rien n’a été perdu : c’est la même quantité d’octets, écrite deux
fois.
Les vrais octets manquants
Une petite part, elle, manque réellement. Le formatage réserve de la place
pour la table d’allocation des fichiers. Les constructeurs de PC ajoutent une
partition de récupération. Windows réserve de l’espace pour le fichier
d’échange et les points de restauration. Un SSD garde en plus une réserve
interne, invisible du système, pour remplacer les cellules usées. L’ordre de
grandeur cumulé va de 1 à 10 %, mais il dépend tellement du modèle et de la
configuration que ce calculateur ne le chiffre pas : il vous donnerait un nombre
inventé.
Bits et octets
Une autre confusion, plus coûteuse encore, sépare le bit de l’octet. Un octet
vaut 8 bits. Les capacités de stockage se comptent en octets (symbole o, ou B en
anglais), les débits réseau en bits par seconde (b, ou bit/s). Une fibre à
1 Gb/s ne télécharge donc pas 1 Go par seconde, mais au mieux 125 Mo/s. Le
facteur 8 explique la moitié des déceptions sur les débits annoncés.
Et le poids d’une image ?
Le poids en mémoire d’une image non compressée se calcule exactement :
largeur × hauteur × nombre d’octets par pixel. Une photo de 6 000 × 4 000 pixels
en 8 bits par canal RVB pèse 6000 × 4000 × 3 = 72 000 000 octets, soit 72 Mo, ou
68,7 Mio. Le fichier JPEG sur le disque, lui, est bien plus léger : la
compression réduit typiquement d’un facteur 5 à 20 selon le réglage de qualité,
et ce facteur n’est pas calculable à l’avance.