Le scrutin municipal français est un scrutin de liste à deux tours,
proportionnel mais corrigé par une prime majoritaire. Son but assumé est de
donner une majorité de gestion à la liste arrivée en tête tout en laissant une
représentation aux autres. Le mécanisme se déroule en trois temps.
Premier temps : la prime majoritaire
La liste arrivée en tête au dernier tour reçoit d’office la moitié des sièges
à pourvoir. L’article L262 précise l’arrondi : à l’entier supérieur lorsqu’il y
a plus de quatre sièges à pourvoir, à l’entier inférieur en dessous. Dans un
conseil de 29 sièges, la prime est donc de 15 sièges — la majorité absolue est
acquise avant même le début de la proportionnelle.
Deuxième temps : le seuil de 5 %
Les listes qui n’ont pas atteint 5 % des suffrages exprimés sont écartées de
la répartition. Elles n’obtiennent aucun siège, quel que soit leur score. Leurs
voix restent comptées dans les suffrages exprimés, donc dans le calcul du seuil
lui-même, mais elles ne pèsent plus dans le partage.
Troisième temps : la plus forte moyenne
Les sièges restants — 14 sur 29 dans notre exemple — sont partagés entre
toutes les listes admises, y compris celle qui a déjà touché la prime.
La méthode dite de la plus forte moyenne attribue les sièges un par un : à
chaque tour, on calcule pour chaque liste sa moyenne, c’est-à-dire ses voix
divisées par le nombre de sièges qu’elle a déjà obtenus dans cette phase, plus
un. Le siège va à la plus forte moyenne, et l’on recommence. Cette méthode
favorise légèrement les grandes listes, ce qui est un choix politique du
législateur et non un accident de calcul.
Ce qui change pour les municipales de mars 2026
Jusqu’à présent, deux régimes coexistaient : le scrutin de liste avec prime
au-dessus de 1 000 habitants, le scrutin majoritaire plurinominal avec panachage
en dessous. La réforme applicable au renouvellement de 2026 a supprimé cette
frontière : toutes les communes votent désormais au même scrutin de
liste. Les communes de moins de 1 000 habitants, qui étaient jusque-là
les plus nombreuses à échapper à cette règle, y sont maintenant soumises. C’est
la raison pour laquelle la question se pose cette année à des milliers de
communes qui ne se l’étaient jamais posée.
Combien de sièges à pourvoir ?
Le nombre de conseillers n’est pas libre : il découle de la population, selon
le tableau de l’article L2121-2 du code général des collectivités territoriales.
C’est un paramètre légal, à vérifier pour votre commune.
Nombre de conseillers municipaux selon la population (art. L2121-2 du CGCT)
| Population de la commune | Conseillers |
| Moins de 100 habitants | 7 |
| De 100 à 499 | 11 |
| De 500 à 1 499 | 15 |
| De 1 500 à 2 499 | 19 |
| De 2 500 à 3 499 | 23 |
| De 3 500 à 4 999 | 27 |
| De 5 000 à 9 999 | 29 |
| De 10 000 à 19 999 | 33 |
| De 20 000 à 29 999 | 35 |
| De 30 000 à 39 999 | 39 |
| De 40 000 à 49 999 | 43 |
| De 50 000 à 59 999 | 45 |
| De 60 000 à 79 999 | 49 |
| De 80 000 à 99 999 | 53 |
| De 100 000 à 149 999 | 55 |
| De 150 000 à 199 999 | 59 |
| De 200 000 à 249 999 | 61 |
| De 250 000 à 299 999 | 65 |
| 300 000 habitants et plus | 69 |