Commençons par ce qui compte le plus : la prestation compensatoire
n’est pas barémisée. Aucun texte ne fixe de formule, aucune méthode de
calcul n’a été validée par les pouvoirs publics, et aucune ne s’impose au juge.
Tout calculateur qui affiche un montant précis vous ment sur la nature de ce
qu’il fait.
Ce que dit vraiment la loi
L’article 271 du code civil énumère les éléments que le juge prend en
considération. Ce sont des critères, pas des variables : la durée du mariage,
l’âge et l’état de santé des époux, leur qualification et leur situation
professionnelles, les conséquences des choix professionnels faits pendant la vie
commune pour l’éducation des enfants ou pour favoriser la carrière du conjoint,
le patrimoine estimé ou prévisible tant en capital qu’en revenu, les droits
existants et prévisibles, et la situation respective en matière de pensions de
retraite.
Sept familles de critères, dont trois seulement se chiffrent facilement. Le
juge les pèse, il ne les additionne pas.
Pourquoi il existe malgré tout des méthodes
Parce que praticiens et magistrats ont besoin d’un point de départ pour
négocier. Plusieurs méthodes circulent, associées aux noms de leurs auteurs, et
un outil libre a été développé conjointement par des magistrats et des avocats.
Elles n’ont aucune valeur contraignante et, surtout, elles ne donnent
pas les mêmes résultats — l’écart entre deux méthodes sur un même
dossier peut dépasser un facteur deux.
Ce que fait cette page, et ce qu’elle refuse de faire
Elle calcule ce qui est objectif : la différence de revenus, son cumul sur la
durée du mariage. Puis elle applique une règle empirique dont
le coefficient est un champ de saisie, pas une constante cachée dans le
code. Le tableau de sensibilité montre ce qui se passe quand on le fait varier
dans la plage des valeurs employées par les praticiens : le résultat est
multiplié par plus de trois. C’est là le véritable enseignement de cette page.
Elle refuse d’afficher un montant unique. Elle refuse de calculer quoi que ce
soit à partir du patrimoine, des droits à retraite ou de l’état de santé, parce
que ces éléments ne se réduisent pas à un nombre saisi dans un formulaire.
Capital ou rente
La prestation compensatoire est versée en capital par principe : une somme
d’argent, l’abandon d’un bien, ou un versement échelonné sur huit ans au
maximum. La rente viagère est l’exception, réservée aux situations où l’âge ou
l’état de santé du créancier l’empêchent durablement de subvenir à ses besoins.
La forme retenue change complètement le traitement fiscal, ce qui est une raison
supplémentaire de ne pas s’en remettre à un chiffre trouvé en ligne.
Le conseil le plus utile de cette page
Consultez un avocat. La consultation initiale est souvent gratuite en maison
de justice et du droit, et l’aide juridictionnelle existe. Un ordre de grandeur
sert à préparer un entretien, jamais à conclure une négociation.