Le taux de distribution d’une SCPI est un rapport simple : ce qu’elle verse
sur une année, divisé par le prix d’une part. La difficulté n’est pas dans le
calcul, elle est dans ce que ce nombre ne dit pas.
Les frais de souscription sont déjà dedans
C’est la source de confusion la plus fréquente. Les frais de souscription
d’une SCPI — souvent 8 à 12 % — ne sont pas facturés en supplément : ils sont
inclus dans le prix de souscription affiché. Quand une part est à 250 €, vous
payez 250 €, frais compris. Le taux de distribution étant calculé sur ce prix,
il en tient déjà compte. Les retrancher une seconde fois, comme le font
certaines feuilles de calcul, sous-estime le rendement.
Ces frais ne disparaissent pas pour autant : ils se paient à la sortie, sous
forme d’une valeur de retrait inférieure au prix de souscription. C’est pourquoi
une SCPI est un placement de long terme — huit à dix ans au minimum — et
pourquoi une sortie rapide est presque toujours perdante, quel que soit le
rendement affiché.
Le délai de jouissance ampute la première année
Une part souscrite ne commence à produire des revenus qu’après un délai de
jouissance, généralement de trois à six mois. Sur une SCPI à 5,5 % avec cinq
mois de délai, le rendement réel de la première année tombe à environ 3,2 %.
Toutes les simulations qui l’ignorent surestiment le premier exercice, et
l’écart n’est pas anecdotique.
Brut, net d’impôt : le grand écart
Le taux publié est brut. Les revenus fonciers d’une SCPI française sont
imposés au barème de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent 17,2 % de
prélèvements sociaux. Pour un contribuable à la tranche de 30 %, le rendement
net tombe à un peu plus de la moitié du brut. Ce calculateur ne fait pas ce
calcul : il dépend de votre tranche marginale, de votre situation familiale, du
mode de détention (direct, assurance-vie, nue-propriété) et, pour les SCPI
européennes, de conventions fiscales qui varient d’un pays à l’autre. Un chiffre
unique serait faux pour presque tout le monde.
Ce que le rendement ne mesure pas
Le taux de distribution ignore complètement l’évolution du prix de la part.
Une SCPI qui distribue 5 % pendant que sa part perd 10 % de sa valeur a fait
perdre de l’argent à ses associés cette année-là. Les revalorisations — et les
dévalorisations — de parts sont un élément à part entière de la performance ;
l’indicateur qui les intègre s’appelle le rendement global immobilier. Regardez
aussi le taux d’occupation financier et le report à nouveau, qui disent si la
distribution est soutenable ou si elle puise dans les réserves.